Nos bateaux ont l’âge d’un changement de dérive, si ce n’est pas déjà fait sur le votre, alors ce sera à faire ! C’est un problème récurrent et bien connu des Edel 4 et plus généralement des dériveurs.

Je ne suis pas passé à côté, et ai changé la dérive de mon bateau (qui en avait un peu besoin).

On trouvait à l’époque sur le site Edel Voilier le plan suivant (qui s’est avéré assez précis après coup) :

On commence par chercher le boulon qui se trouve côté babord à la perceuse. C’était assez simple, il y avait un léger creux criculaire à son emplacement, et la perceuse entre facile dans le mastic, bien moins dans la fonte.

Le plus difficile aura été de sortir la dérive historique. Elle n’était pas bloquée, ce n’était pas le problème, mais le boulon de l’axe lui ne se laissait pas bouger comme ça. On a d’abord essayé avec un petit équipement d’amateur, rien ne bouge.

On a essayé également avec une clé à choc qui a réussi à faire un demi-tour. Pour finir un voisin de chantier nous voyant bien en peine nous a prêté un tube inox d’environ un mètre, et suffisament gros pour prendre la clé (de 22 de mémoire). Ca bouge ! Et à un moment, ça bouge même comme dans du beurre, joie temporaire, le boulon s’est cassé, l’ensemble de l’axe resté dans le saumon.

Du coup on perce, ce qui nous prend là encore beaucoup trop de temps, à la fin on libère la dérive et on perce un peu plus large car le filetage est mort, et j’envisage de boulonner par l’extérieur de l’autre côté (en ayant creusé à la meuleuse pour que ça reste le plus possible affleurant.

Il est temps de prendre rendez-vous avec la grue et de libérer la dérive.

Pour m’assurer que le plan est correct, j’ai découpé dans du petit contreplaqué la forme de la nouvelle dérive, moitié en suivant le plan, moitié en suivant la forme de ce qu’il me reste de dérive. Ce panneau me servira de gabarit pour aller faire découper la nouvelle. Et au moment de la remise en place, ça permet aussi de vérifier comment ça rentre, et comment incliner la vraie (bien moins légère) pour aller chercher l’axe. Et en superposant ce gabarit avec l’ancienne dérive, je comprends mieux pourquoi mes bords de près n’étaient pas idéaux ! La dérive est bien placée sur le gabarit, il manque bien 10cm en bas ! Quant à l’épaisseur…

La commande est passée, et il faut attendre quelques semaines pour obtenir la dérive toute neuve (en 10mm d’épaisseur, acier noir je crois que ça s’appelait). Au passage, il m’en aura coûté 150€ tout compris matière et découpe auprès d’une entreprise angevine.

On commence par meuler une encoche pour laisser passer l’accroche de la chaîne (qui est un câble inox sur mon bateau) qui est bien trop étroite sinon. Je ne sais pas si c’était le mieux à faire, mais je ne voulais pas rajouter d’épaisseur. Saurez voir voir dans la prochaine photo ce qui va nous en faire baver peu après la mise à l’eau ?

La dérive est donc en acier noir, et il faut rendre ça un peu plus brillant avant d’envisager un primaire. Et c’est une tannée infernale, j’ai tout essayé : à la main, à la ponceuse, au grattoir, même à la meuleuse, ça prend des heures pour une efficacité loin d’être exceptionnelle. Au final, j’en arrive à ce résultat et je me dis que ça peut prendre un temps infini, mais que je veux retourner naviguer avant ça :

Pour finir, c’est le plus sympa : quelques couches de primaire epoxy, en alternant les couleurs pour bien voir où on passe.

Y’a plus qu’à attendre la mise à l’eau. La veille de ce jour tant attendu, le chantier laisse le bateau dans les sangles pour nous permettre de travailler en prenant le temps qu’il faut. Présenter le gabarit de contreplaqué donne envie de s’arrêter là, mais il faut bien s’y coller avec la nouvelle si belle et si lourde dérive. En n’oubliant pas de passer un messager par le puit de dérive pour tirer la chaîne. On bourre d’epoxy chargé pour reboucher le trou de l’axe. Et on passe une nuit agitée en pensant à la nav du lendemain !

Le bateau à l’eau, est-il utile de dire à quel point son comportement me semble avoir changé, ça file maintenant droit même quand je lâche la barre, le bateau est facile à équilibrer, quoi que je fasse avant, le cap ne tenait pas. Le bateau a fait une nav parfaite, dans un tout petit air, mais avec une moyenne quotidienne vraiment épatante (9,5 noeuds sur le fond ! le courant de Loire aide évidemment sur le début). On arrive plus tôt que prévu au mouillage à Noirmoutier. On se sert une bière avec mon équipier avant de décider de traverser vers Pornic pour profiter d’un ponton et d’un bon restaurant. Là encore, le comportement du bateau me met en joie. Arrivé à Pornic, je remonte la dérive et la chaine me reste dans les mains. Scrognegneu.

La cause : le câble était coincé à 90°, trop serré entre son axe et le bord de la dérive, en tirant dessus, le petit zigwigwi a laisser filer le câble… faut bien se garder des travaux pour le début de l’été !

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À propos de Alain Diart

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