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 Si vous avez raté la première partie est à lire ici

Mais, vous devez vous dire, c’est quoi ce voilier de rêve, un grand oiseau des mers comme ceux du Vendée Globe ou un Manureva, ben non, ce n’est pas cela, il est à la mesure de ma mer, de mon rêve. Il s’agit d’un Edel II, transportable, doté de 4 couchettes, un dériveur de 580 kg, d’une longueur de 5,60m pour une largeur de 2,10m, ayant un tirant d’eau de 0,50m à 1mètre, doté d’une surface de voiles de 18,50 m2 (grand voile, génois et foc).

Il reste encore tant à faire, mais mon moral reste de fer, allez un peu de technique pour vous familiariser un peu, la coque présente deux parties, l’une qui sera immergée et l’autre qui est au-dessus des eaux, pour la partie immergée, les différentes couches de peinture, c’est pour être brève et pas ennuyeuse l’anti-fooling, en quelque sorte une peinture qui permettra une meilleure glisse et une longue vie au bateau, mais pour y parvenir, il faut suer, nettoyer, décaper, décaper encore et encore, puis ensuite repeindre, une, deux, trois, même plus encore, d’apprêt, de peinture enfin un vrai travail de titan.

 dscn2120.jpgPas grave, aller, suivez-moi, les courageux sont admis. Première chose un bon décrassage de la zone basse à l’aide de l’instrument miracle le Karcher, mais si, vous connaissez…. Le nettoyeur haute pression, mais attention aux doigts, trop puissant l’engin, il vous enlève la peau d’un coup d’un seul,

Aie!!! Ça commence mal, un pansement et on reprend, plusieurs heures d’affilé, une couche en moins, plus de coquillages, adieu moules, traces de chapeaux chinois et autres végétaux, voila ma coque qui retrouve un premier sourire, je gratte, gratte, et gratte encore, ah ! Je pourrais vous en mettre dix pages au moins, alors je ponce, non pas comme Pilate, mais à l’eau et au papier fin, mais aussi avec un instrument un peu barbare, un peu comme une raclette, mais en plus lourd, et plus le temps passe et plus il devient lourd, et plus le temps passe plus mes doigts deviennent gourds et pendant ce temps je coule, de sueur et d’eau, je suis à tordre comme un marin.

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Trempé, non pas par les embruns, mais par l’eau douce qui ruisselle sur la coque et la sueur qui ruisselle de mon corps, mais bon, la poésie et la bagatelle ne sont pas à l’ordre du jour.
Le travail avance lentement, mais déjà mon bateau présente une coque qui devient douce, ma main épouse ses lignes, flatte son flan, plus d’aspérités, mais au contraire une certaine sensualité, une récompense pour tous les efforts fournis.

Fini le karcher, le papier à poncer et la raclette si lourde, changement d’instrument, du plus doux, Gauguin prépare tes outils ou du moins prête les moi, que je commence mon œuvre d’art…

Juché sur sa remorque, mon voilier semble dépourvu de quille, celle-ci repose encore bien au chaud dans la cavité que l’on nomme, le ‘ puit ‘ de dérive, elle demeure inaccessible sauf à surélever l’ensemble, mais pour cela mes bras sont, bien que musclés (si si c’est vrai !) Inadaptés et il me faudra le concours d’une grue, mais non ! Vous ne comprenez rien, je ne parle ni d’une femme, ni d’un oiseau, mais de ces lourds engins puissants qui lèvent sans difficultés des charges énormes, je pourrais, alors, à l’aide d’une poignée, située sur le cockpit, libérer la quille qui sortira alors de ce puit de dérive, mais ce sera pour plus tard, juste avant la mise à l’eau…

Le puit de dérive, il me semble suspect… C’est quoi cette matière qui me colle aux doigts ? Bizarre… On dirait un mastique qui a virer avec le temps ?!?!

Ni une, ni deux, je cherche des infos sur le internet, toutes les infos sont bonnes a prendre, et les questions a poser…Tous, me disent : « Joëlle, la merde tu pourras toujours la camoufler, mais tôt ou tard, il faudra ouvrir »

Non pas question de faire le puit de dérive plus tard !C’est tant que la cabine est vide… Aller, jouons de la disqueuse, de la résine et de la fibre…

Déjà, refaire le puit de dérive

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Puit de dérive

Puit de dérive  Intérieur
Puit de dérive  Puit de dérive  Puit de dérive

Ma cabine !

Allez, si nous faisions, ensemble, l’état de l’avancement des travaux ! Venez ! Je vous emmène à bord… Ma cabine, petite certe, mais je la vois déjà finie !

Aligner et couper les vis des hublots, pour enfin les protéger et peindre la cabine… Poser au sol la fibre de finition avec un beau Tissage, surtout que j’ai rehaussé le sol dans la cabine de mon Edel… Ou simplement poser un beau caillebotis… Et oui il faut penser à tout !
La moindre place va être exploitée, et sera réservée aux petits rangements divers et faciles d’accès… Je ne sais pas encore comment je vais goupiller mon coup, mais il me faudra être astucieuse pour ces emplacements ! Penser au gîte et au roulis, ne pas avoir à ramasser mes affaires à la moindre sortie en mer…
Les écailles de la vieille peinture sont grattées !
J’ai rajouté des supports de rideau, mais là aussi je vais réfléchir comment vais-je faire pour tenir mon rideau afin qu’il suive la forme ergonomique de la cabine. Eviter que les rayons du soleil passent sera non négligeable surtout en été, en sachant que mes hublots ne s’ouvrent pas, et que pendant la saison chaude garder la cabine fraîche reste un avantage.

J’ai bouché tous les p’tits trous par-ci par-là, comme ça, au remontage, des boiseries, elles seront fixées sur des trous vierges, ce ne sera que mieux et plus solide!

Consolider à la résine et à la fibre, les endroits fragilisés par le temps… Refaire les jointures aux assemblages de coque avec une sorte de colle.

Fabriquer un coffre de rangement étanche au niveau du cockpit extérieur, et oui là, il y avait un gros souci… Quand j’ai reçu le bateau je me suis aperçu qu’il y avait une fragilité au sol sous le cockpit, sûrement une arrivée brutale « le saut d’un gros?» dans le bateau et cela a suffit à casser un longeron de support…
Impossible d’y accéder par l’intérieur, et d’après les conseils des amis plus pro que moi, « ‘Jo’ tu n’as pas le choix, il te faut découper par l’extérieur et réparer… »
Donc, voilà, c’est fait, j’ai condamné dans la descente et me voilà avec un coffre étanche de rangement en plus… Et sur une petite unité comme la mienne rien n’est négligeable… Une jolie trappe d’accès étanche fera très bien l’affaire ! Reste donc à voir.

Le pont et le cockpit, la partie haute de la coque, le mat, les voiles (sa garde robe en quelque sorte), les bouts (cordages), l’ancre et sa chaîne et puis et puis ben tout le reste simplement.

Mais, si je fais une revue de détails, bien rangés prêts à affronter les vagues, j’ai :

  • Une barre de manœuvre avec winch flambant neuve, un vrai bijou!
  • Une garde robe neuve qui n’a connu, ni les embruns, ni le vent du large, une robe de mariée en quelque sorte sauf le Spi qui lui bien qu’en excellant état à une couleur un peu passée, mais qu’importe la couleur, seule compte son ardeur à gonfler…
  • Les chandeliers inox sont neuf, enfin ils sont au nombre de huit mais ils sont rutilants, en sachant qu’a l’origine, l’Edel 2 n’a pas de chandeliers, mais pour ma sécurité cela reste indispensable…

La filière et son filet de protection ne demandent qu’à être étrennés.
Le mat et la bôme ont juste besoin d’un bon nettoyage, « Mais peut être une peinture…!? » Ils sont encore chargés de sel, seule une petite révision au niveau des poulies et ils seront parfaits !

Changer les haubans et bas-haubans reste imposé par sécurité aussi, de plus, un, ou deux sont effilochés ! Alors n’hésitons pas…
Les balcons avant et arrière sont impeccables.

Les bouts, pas d’économie, je vais y mettre du neuf, de beaux bouts de couleurs différentes pour simplifier les manœuvres, ben oui, vaut mieux penser avant que se tromper après, et oui pour certains cela fait peut être« benêts », mais moi j’débute doucement !!!
L’ancre, une ancre plate de 6kg, je vais lui adjoindre 10 mètres de chaîne et 20 mètres de bout, « obliger de suivre les normes de sécu ! » OUF !!! Plus facile de relever 20 mètres de corde que 10 mètres de chaîne, eh oui, y mettre un guindeau pour une remontée plus efficace serait pour moi handicapée l’idéal, mais le soucie c’est le poids !!!

« Mais là, il existe plein de techniques pour facilité cette manœuvre… Alors à voir ! » Comme vous pouvez le voir il reste encore du travail…
Retrouvez la suite de mon récit dans une autre partie qui paraîtra d’ici peu. En attendant, j’attends vos commentaires
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À propos de Joelle

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7 commentaire

  1. (Beau travail Joelle) On a l’impression de travailler avec toi et d’etre sur le chantier

    Mon edel 2 de 1971 était équipé de chandeliers d’origine, ce qui serai bien ça serai de mettre des légendes aux photos, car je cherche a comprendre pour les coffres et savoir exactement ce que tu a fais sur le puit de dérive.

    Vivement la suite on croirait lire le début d’un roman sur la mer, que va devenir notre petite héroine aux cheveux blond, c’est notre boucle d’or d’edel voiler

  2. Quel boulot !

  3. Merci les hommes de votre passage sur mon texte! :zzz
    Billi si tu veux plus d\’infos, on ce tel, c\’est plus simple!
    Vivement la suiteeeeeeeeee!!!! :-)

  4. bravo pour ce reportage plein d’humour mais je suis comme Billy, je me demande bien ce que tu as fait à ton puits de dérive…

  5. ZWICKER, J’ai refait entièrement… LE PUITS

    Disqueuse sur ce qui servait de couvercle du puits de dérive après avoir retiré les vis… Fabriquer un gabarit en bois, le mettre en place, et consolider les contours du puit de dérive.
    Protéger la dérive pour éviter de faire tomber résine ou autre, afin de ne pas bloquer la dérive!
    Travailler la « choucroute » par petite quantité afin de reformer le puits…
    Sur les cotés j’ai mis une mousse qui prends plus de 100 kilos au cm2 que le professionnel ma conseillé « mais je sais pas le nom ! »
    Monter plusieurs couche en résine et tissus, les croiser !
    Une fois que mon puits a été sec, j’ai retiré mon gabarit en bois!
    Avant de fermer j’ai bourré le puits de dérive de papier « sopalin » « IMPORTANT »
    Découpé une plaque de la superficie du puits que le professionnel ma conseillé, on dirait du « pléxiglas » « mais pareil, je ne sais pas le nom », qui prends 120 kilos au cm2… « Choucrouter » les bords de mon puits dérive, et mis sous presse !
    Persso, j’ai fais une pyramide avec mes altères de muscu.
    Nettoyer tout ce qui regorger.
    Laisser sécher, « persso » 2 jours !
    Retirer les altères, « bin voui » !
    J’ai rajouté de la choucroute sur les angles et joints.
    Laisser sécher.
    Une fois sec, je suis monté en résine et tissus que j’ai croisé… Une dizaines de couches !
    Séchage « au toucher » entre chaque couche !

    Alors certains d’entre vous, devez vous poser la question suivante… Pourquoi bourrer le puits de dérive de « sopalin » ?
    Tout simplement, quand j’ai mis sous presse, automatiquement la logique veut que la choucroute tombe à l’intérieure du puits et ce qui l’aurait bloqué !
    Ce qui n’a pas été le cas avec ma technique…
    Et le sopalin c’est détruit avec les premières navigations !

  6. Merci pour les explications sur la réfection du puits de dérive, je vois que tu est une pro de la résine. Pour ma part j’ai toujours des pbs de dosage de cataliseur ou de température…
    Félicitations, c’est du bon boulot.

  7. (un boulot de dingue, mais un edel plus solide q un neuf …) Bonsoir Joelle, que du bon travail,et je sais de quoi je parle, j’ai refais un edel 2 de 1969 pratiquement a neuf, et je suis passer par cette operation sur le puit de derive aussi, mais quel soulagement que de savoir apres que son puit de bougera pas , ou ne fuira pas,il est quand meme plus+ que sous le niveau de la flotaison , et en cas de soucis, c’est vraiment pas rassurant… Bon vent a toi dans cette aventure, et bonne restauration. Manu

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